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MIYAMOTO Masaharu

Japon

 

Peintures japonaises

Kimonos

 
 

Exposition permanente

 

Né le 20 Juillet 1952 à Kyoto au Japon, Masaharu Miyamoto a passé toute sa vie dans sa ville natale. En 1970, alors qu’il est encore au lycée, il est sélectionné pour le prix du prestigieux concours « Kyo-Ten » de Kyoto. Il se spécialise ensuite dans la peinture japonaise en suivant l’Ecole des Beaux Arts « SEIKA ».

Au cours de sa carrière, Miyamoto obtient de nombreux prix tels que le Prix « Yamasô » (1983), les Prix du Musée « Central » (1990), ou le Prix « Hommage à la vie » (1992). Miyamoto fait aussi partie du Groupe « SÔ-GA », qui est l’un des trois principaux groupes d’artistes attachés à la peinture japonaise.

L’art de Miyamoto se fonde sur des techniques traditionnelles de la peinture japonaise, utilisant une poudre de coquillage appelée « Gofun », divers pigments obtenus à partir de pierres naturelles, du papier japonais, de fins contreplaqués de bois ou des feuilles d’or et d’argent. Ces choix permettent à l’artiste de travailler autant dans la tradition que de proposer des sujets plus éloignés tels que des personnages contemporains ou des compositions abstraites.


Jeanne Rektorik

Université de Genève

Juillet 2003


Quand vous entrez, elles vous regardent déjà. Figures contemporaines au menton volontaire, déhanchées sur un fond d’or en contre-jour, elles vous observent. Pas un bruit, pas un mouvement. Après la lumière qui éblouit, il faut attendre pour pénétrer le mystère des silhouettes. L’artiste utilise ici un procédé tout à fait intéressant. L’usage de la matière précieuse ouvre une brèche dans le décor et contraint le spectateur à prendre patience avant de découvrir les personnages ébauchés. La lumière qui se subordonne à une grisaille rehaussée du blanc de « Gofun » devient ainsi un faire-valoir. Par la suite, nous distinguons d’autres visages plus effacés, mais toujours scrutateurs et intrigants.

La figure de la petite Japonaise (ジャパニーズ) n’échappe pas à la règle. Derrière une disposition traditionnelle en bandeau doré, utilisant les motifs caractéristiques de l’art nippon, le regard de l’enfant nous interroge sans détour. Il se dégage une étrange impression de transparence et de proximité. Ce questionnement est encore renforcé dans l’œuvre Vers l’Avenir (未来へ) avec l’emploi de touches de couleurs concentriques disposées autour du personnage principal. Le spectateur est directement interpellé par l’ange dans un rapport d’intimité étonnant chez un peintre japonais. Cette démarche d’une grande sincérité intervient au moment de la rencontre du peintre avec l’Occident.

La conversion de Miyamoto au christianisme apporte aussi une inspiration nouvelle à sa peinture. La figure de Notre Père (Our Father) s’inscrit en profil esquissé sur une surface dorée. La couche précieuse appliquée sur un bois veiné permet aux nervures de transparaître sous l’or. Ce jeu entre le matériau naturel et précieux revient à plusieurs reprises dans les travaux de l’artiste. Avec L’arche dans le miroir (鏡に映った箱舟), il ajoute aussi une feuille de papier qui mime un parchemin, peut-être une page de la Bible. Quant à l’or, il permet d’apporter un éclat dans la sombre embarcation qui semble étroitement imbriquée dans l’astre lunaire. Le peintre se dégage ainsi des sujets religieux classiques, pour nous offrir un regard personnel qui inclut le mouvement des forces naturelles. Ainsi l’Alpha (アルファ) nous montre un fourmillement de vie auprès d’une croix obtenue dans la découpe d’une fine surface de bois, tandis que la lune de l’Univers (宇宙) étale son disque dans un épanchement d’or.

Cette expression tout à la fois religieuse et philosophique se traduit également, mais de façon plus discrète dans la notion de Passage (ドアー). L’œuvre au titre éponyme présente un premier plan vertical abstrait qui conduit le spectateur à projeter son regard vers le second plan représentant une ville. Cependant, la porte close nous empêche de pénétrer véritablement dans la cité. Nous demeurons observateurs, conscients du chemin à effectuer. Les prémisses de cette démarche se trouvaient déjà dans certaines œuvres plus anciennes comme le Chemin de pèlerinage (巡礼の道) ou L’arbre de vie (生樹).

Enfin, Miyamoto nous invite à la contemplation à travers une série d’œuvres plus abstraites. Après avoir passé plusieurs années à peindre le très célèbre Mont Fuji rougeoyant, il redécouvre le sujet avec un enthousiasme nouveau (Mt. 富士). Il s’agit désormais de jouer avec les thèmes traditionnels en laissant libre cours à une interprétation personnelle qui se veut riante et lumineuse. Il nous propose de suivre ses pas sur Le chemin de cerisier (桜の道), lucarne ouverte vers un audacieux contraste de rose et de jaune. Les couleurs forment des aplats légers et délicats soulignés parfois d’un fin trait sombre.  Dans les œuvres telles que L’odeur de pluie (雨の香) ou Les Papillons (), les tons bleutés et verts, particulièrement frais offrent une étonnante transparence. L’emploi de pigments naturels et de matériaux précieux confèrent enfin à sa touche une signature très originale.

L’œuvre de Miyamoto étonne par sa diversité et son goût de l’innovation. Appuyée par une technique très sûre, elle peut se permettre aujourd’hui toutes les sortes de fantaisies. Souhaitons à l’artiste un grand plaisir dans cette nouvelle démarche.


Vers l'Avenir 30F

Le Champ Rouge 10P

Le Temps 25F

 

 

Masaharu MIYAMOTO
Artiste de la peinture japonaise
Né à Kyoto (1952)
Sôga-kaï

Prix et Distinctions reçus :

 

1970 Distinction à Kyôten (6 fois par la suite)
1970 Distinction à Shinseïsakuten, session du printemps
1971 Distinction à Shinseïsakuten
1971 Distinction à Kyoto Exposition pour de jeunes artistes de la peinture japonaise – 7 fois par la suite. Acquisition par le gouvernement provincial de Kyoto
1973 Distinction à Sôgakai Exposition, session du printemps (6 fois par la suite)
1983 Grand Prix, Yamasô Concours (2 fois sélectionné pour leurs expositions des artistes distingués par la suite)
1988 Distinction au Concours pour le Prix « Kawabata Ryushi »
1988 Distinction au Concours pour le Grand Prix de la peinture japonaise organisé par Musée Central
1989 Distinction au Concours pour le Grand Prix du Musée Uénonomori
1990 Distinction au Concours pour le Prix « Kawabata Ryushi »
1990 Distinction à Sôgakai Exposition
1990 Grand Prix, Concours pour le Grand Prix de la peinture japonaise organisé par Musée Central
1991 Prix de la session du printemps, Sôgakai Exposition
1991 Distinction au Concours pour le Grand Prix « Garyuzakura »
1991 Prix, Concours pour les artistes prometteurs de la peinture japonaise à Kyoto : Acquisition par Musée Ômishima
1991 Distinction à Sôgakai Exposition
1992 Prix spécial au Concours « Hommage à la vie » des 100 artistes de la peinture japonaise
1992 Distinction à Sôgakai Exposition
1999 Prix, Concours pour le Grand prix «Ses’syu »

Expositions personnelle et collectives :

1981 Participation au Concours organisé par le gouvernement provincial de Kyoto pour la peinture japonaise : Acquisition par le gouvernement provincial de Kyoto
1990 Participation au Concours pour le Grand Prix du Musée Uénonomori, sélectionné pour leurs expositions des artistes distingués
1991 Participation à l’Exposition « L’arbre, l’homme et l’expression » de l’art et l’artisanat de Kyoto moderne (11ème édition)
1992 Exposition personnelle au Musée Central : Acquisition par le gouvernement provincial de Kyoto
1992 Participation à l’Exposition « Jalon de l’avenir » de l’art et l’artisanat de Kyoto moderne (17ème édition)
1993 Exposition personnelle, Kintetsu, Japon
1993 Exposition duo, Galerie K, Japon
1993 Exposition duo, Galerie Fellowship, Japon
1994 Exposition personnelle, Galerie K, Japon
1996 Exposition personnelle, Kintetsu, Kyoto, Japon
1997 Distinction à Sôgakai Exposition
2000 Exposition personnelle, Fiduciaire Taniguchi SA, Kyoto, Japon
2001 Exposition personnelle, Ashiya Garô, Ashiya, Japon
2003 Exposition personnelle, Consulat Général du Japon, Genève, Suisse
2003 Exposition personnelle, Galerie Zabbeni, Fine Art Broker, Vevey, Suisse